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Johan Van Overtveldt à propos de la BCE : « La stabilité des prix doit rester au cœur de la politique monétaire »
Le Parlement européen vote aujourd’hui sur le rapport annuel 2025 de la Banque centrale européenne (BCE), rédigé par le député européen Johan Van Overtveldt. Dans son rapport, le président de la commission des budgets plaide pour un retour aux fondamentaux de la politique monétaire : la stabilité des prix, l’indépendance de la banque centrale et un système financier solide et résilient.
La stabilité des prix comme fondement
Selon le président Johan Van Overtveldt, qui est également coordinateur au sein de la commission des affaires économiques et monétaires (ECON), la stabilité des prix doit demeurer le socle incontestable de l’action de la BCE.
La récente baisse de l’inflation constitue un signal encourageant, mais elle ne justifie en aucun cas un relâchement. « Le reflux récent de l’inflation est une évolution positive. Mais dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques persistantes, la volatilité des marchés de l’énergie et l’incertitude des taux de change, la vigilance reste de mise. La BCE doit rester concentrée sur sa mission première et être prête à agir avec détermination en cas de nouvelles pressions inflationnistes », souligne Johan Van Overtveldt.
Le rapport insiste sur la nécessité d’une politique monétaire prudente et fondée sur les données, en accordant une attention particulière aux risques liés aux évolutions géopolitiques ainsi qu’aux perturbations du commerce international et de l’approvisionnement énergétique.
Indépendance et responsabilité
Autre point central du rapport : l’indépendance politique de la BCE. Celle-ci constitue une pierre angulaire de la stabilité économique, à l’heure où les banques centrales subissent des pressions croissantes à travers le monde.
« L’indépendance de la BCE n’est pas un simple détail technique, mais un fondement essentiel de la stabilité économique. Cela dit, l’indépendance va de pair avec la responsabilité. Une transparence accrue et une communication plus claire sont indispensables pour renforcer la confiance du public et la légitimité démocratique », affirme le député européen Johan Van Overtveldt.
Le rapport appelle dès lors la BCE à rendre ses processus décisionnels plus transparents et plus compréhensibles pour les citoyens comme pour les décideurs politiques, et à renforcer son devoir de rendre des comptes devant le Parlement européen.
Vigilance face aux risques financiers
Le rapport met également l’accent sur la stabilité financière. Une part croissante des activités financières se déplace vers le secteur non bancaire et vers les crypto-actifs, ce qui engendre de nouveaux risques. À titre d’illustration, les actifs du secteur financier non bancaire (NBFI) représentent plus de 50 % des actifs mondiaux. Dans l’Union européenne, ce secteur dépasse de 20 % la taille du secteur bancaire traditionnel.
« Stabilité monétaire et stabilité financière sont indissociables. Nous devons rester particulièrement attentifs aux risques qui émergent en dehors du système bancaire classique, notamment dans le secteur bancaire parallèle et dans le domaine des crypto-actifs », souligne le président Johan Van Overtveldt.
Le rapport rappelle en outre que des finances publiques saines constituent un complément indispensable à une politique monétaire efficace.
Revenir aux fondamentaux de la politique monétaire
Le message central du rapport est clair : il faut recentrer l’action de la BCE sur sa mission première, à savoir la préservation de la stabilité de la monnaie.
« La stabilité monétaire et financière est comparable à l’électricité ou à l’eau potable : on ne mesure pleinement son importance que lorsqu’elle vient à manquer. Une politique monétaire solide empêche que la monnaie elle-même ne devienne une source d’instabilité économique », conclut le député européen Johan Van Overtveldt.