Vous êtes ici
Il faut mettre fin à l’inégalité fiscale chez les pompiers : « Mêmes risques, mais une fiscalité différente »
Aujourd’hui, deux pompiers peuvent intervenir côte à côte sur le même incendie, sauver les mêmes vies et affronter les mêmes dangers, tout en percevant au final un montant net très différent. Les pompiers volontaires bénéficient en effet d’une exonération fiscale, tandis que les heures supplémentaires des pompiers professionnels sont parfois taxées à plus de 50 %. « Cette inégalité crée des tensions et une profonde frustration au sein de nos corps de pompiers », explique la députée Charlotte Verkeyn. C’est pourquoi elle a déposé une proposition de loi visant à supprimer cette différence de traitement fiscal.
Une situation inéquitable
Dans les services d’incendie, il est possible d’effectuer jusqu’à dix heures supplémentaires par semaine. Les pompiers volontaires peuvent recevoir jusqu’à 7.720 euros exonérés d’impôts pour ces prestations supplémentaires. Une mesure positive en soi, mais qui contraste fortement avec le régime appliqué aux pompiers professionnels, dont les efforts supplémentaires restent lourdement imposés.
Cette disparité a un effet décourageant. « De plus en plus de pompiers professionnels renoncent aux gardes supplémentaires dans leur propre zone. Il est fiscalement plus avantageux d’aller prêter main-forte comme volontaire dans une autre zone, ou de chercher un revenu complémentaire en dehors des services d’incendie », souligne Charlotte Verkeyn.
Cette situation a des conséquences concrètes sur le terrain. Lorsqu’un incendie majeur nécessite des renforts, il devient plus difficile de mobiliser suffisamment de personnel expérimenté. La pression sur les équipes présentes augmente et la coopération au sein des zones de secours, ainsi qu’entre elles, s’en trouve fragilisée. Il n’est donc pas étonnant que ce régime fiscal nuise également à l’ambiance au sein des corps de pompiers.
Une proposition de loi pour éteindre l’incendie
La proposition de loi de Charlotte Verkeyn prévoit d’étendre l’exonération fiscale aux heures supplémentaires des pompiers professionnels, jusqu’au même plafond de 7.720 euros. L’objectif est de garantir une égalité de traitement entre volontaires et professionnels, de conserver l’expertise au sein des corps de pompiers et de renforcer leur flexibilité ainsi que leur capacité d’intervention.
Cette mesure permettrait de mettre fin à une frustration qui perdure depuis des années et de redonner aux services d’incendie la marge de manœuvre nécessaire pour fonctionner efficacement lorsque chaque seconde compte.
« Nos pompiers s’engagent jour et nuit pour assurer la sécurité de tous, souvent sous une pression intense et dans des conditions dangereuses. La moindre des choses est de valoriser cet engagement supplémentaire, plutôt que de le pénaliser fiscalement », conclut Charlotte Verkeyn.