Vous êtes ici
i-Police a coûté 139,4 millions d’euros : « Un véritable scandale »
Le projet de numérisation i-Police, qui s’est soldé par un échec, a coûté pas moins de 139,4 millions d’euros aux contribuables. C’est ce qui ressort d’un nouvel audit de la Cour des comptes. Le rapport met également en lumière de graves lacunes dans la gestion du projet. « Gaspiller autant d’argent public sans obtenir le moindre résultat, c’est un véritable scandale », dénonce la députée fédérale Maaike De Vreese.
Des millions dépensés, sans résultats à la clé
L’audit confirme que des sommes considérables ont été engagées dès le début du projet, sans résultats concrets à la clé. La police fédérale a ainsi acheté pour 21,6 millions d’euros de licences logicielles qui ne présentent aujourd’hui plus aucune utilité. Des licences d’une valeur de 7,3 millions d’euros n’ont même jamais été utilisées. « Des montants beaucoup trop importants ont été engagés beaucoup trop rapidement, sans résultats tangibles en contrepartie. À une époque où chaque euro compte, c’est particulièrement choquant », souligne Maaike De Vreese.
Le pilotage du projet a lui aussi montré de sérieuses défaillances. La police fédérale s’est largement appuyée sur des consultants externes, alors que son propre service informatique souffrait d’un manque criant de personnel. Sur les 605 postes à temps plein prévus, seuls 308 étaient pourvus. De plus, les compétences disponibles en interne n’ont pas été suffisamment exploitées.
« Les pouvoirs publics doivent disposer en interne des compétences et des effectifs nécessaires pour piloter des projets aussi complexes. C’est indispensable pour assurer un suivi rigoureux des fournisseurs et intervenir lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous. »
Faire toute la lumière sur les responsabilités politiques
La Cour des comptes ne se prononce pas sur les responsabilités dans l’échec d’i-Police. Cette question fait notamment l’objet de procédures judiciaires en cours.
« Nous examinerons attentivement les conclusions de la Cour des comptes à la lumière des déclarations précédentes. L’ancienne ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden, devra elle aussi apporter les éclaircissements nécessaires. Nous ne voulons pas tirer de conclusions hâtives, mais nous attendons des réponses aux questions qui restent en suspens », insiste Maaike De Vreese.
Pour la N-VA, l’essentiel est désormais que les policiers sur le terrain ne continuent pas à faire les frais de cet échec. Ils ont besoin de systèmes numériques modernes et fiables pour lutter contre une criminalité toujours plus complexe.
« Cet échec ne doit pas venir s’ajouter à la longue liste des projets de numérisation ratés dont les pouvoirs publics ne tirent aucune leçon. Nous devons investir dans nos propres compétences informatiques, associer les policiers de terrain et travailler sur la base d’engagements clairs et de résultats mesurables. Nos policiers méritent mieux. Il est temps de tirer réellement les enseignements de cet échec et de les mettre en pratique », conclut Maaike De Vreese.