Gilles Verstraeten : « Bruxelles laisse les personnes en situation de handicap sur le carreau »

21 octobre 2026
Gilles Verstraeten

Tant que les transports en commun bruxellois ne seront pas suffisamment accessibles aux personnes en situation de handicap, il faudra renforcer considérablement le service Taxibus. Pourtant, la ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen), n’envisage aucun assouplissement des règles restrictives actuellement en vigueur. « Les personnes en situation de handicap méritent la même liberté et la même autonomie que tout le monde. La ministre les laisse sur le carreau », dénonce le député bruxellois Gilles Verstraeten.

Des restrictions sévères maintenues

Les personnes souhaitant réserver un Taxibus doivent parfois s’y prendre jusqu’à 15 jours à l’avance. De plus, le nombre de trajets auxquels les usagers ont droit est plafonné. « Devoir prévoir ses déplacements deux semaines à l’avance constitue une véritable entrave à la liberté de mouvement. Les personnes en situation de handicap doivent pouvoir se déplacer aussi librement que n’importe qui. »

Pourtant, ni l’accord de gouvernement bruxellois ni la déclaration de politique générale ne prévoient d’améliorations. Le gouvernement entend simplement faire appel à davantage de taxis classiques pour répondre à la demande croissante. Or, ceux-ci n’offrent pas le même niveau de service que les minibus adaptés. « Cette solution risque aussi de rompre le lien de confiance avec les chauffeurs, alors que celui-ci est essentiel pour des personnes qui ont souvent besoin d’aide pour monter et descendre du véhicule, ainsi que pour charger et décharger leurs affaires », explique Gilles Verstraeten.

« Les personnes en situation de handicap ne réclament pas de traitement de faveur. Elles demandent simplement de pouvoir se déplacer comme tout le monde, prendre des rendez-vous et participer pleinement à la vie en société. Tant que les transports en commun bruxellois ne répondront pas à leurs besoins, le Taxibus doit constituer une véritable alternative. La ministre doit améliorer ce service », insiste le député Gilles Verstraeten.

De plus en plus de Bruxellois utilisent le Taxibus

Les chiffres témoignent pourtant de l’ampleur des besoins en matière de transport adapté. Le nombre d’usagers inscrits au service Taxibus est passé d’environ 400 en 2014 à 2 886 en septembre 2026. Le nombre de trajets a lui aussi fortement augmenté, passant de 138 426 en 2021 à 207 561 en 2025.

En raison des problèmes d’accessibilité persistants, les transports en commun classiques ne constituent toujours pas une véritable option pour de nombreuses personnes en situation de handicap. Un usager en fauteuil roulant témoignait ainsi récemment dans De Morgen qu’il devait parfois laisser passer cinq rames de métro avant de pouvoir monter à bord de manière autonome. Les ascenseurs qui restent hors service pendant de longues périodes compliquent également considérablement les déplacements des personnes à mobilité réduite.

Selon Gilles Verstraeten, le dépôt de deux pétitions concernant le Taxibus en l’espace d’un an illustre l’ampleur du mécontentement. « Pour beaucoup de personnes, le Taxibus n’est pas un luxe, mais une nécessité », souligne le député. « Tant que le réseau de bus, de trams et de métros ne sera pas pleinement accessible, il faut que le service de remplacement fonctionne correctement. »

Pourquoi le renouvellement de la flotte coûterait-il soudainement 4,5 millions d’euros ?

Gilles Verstraeten s’interroge également sur l’avenir de la flotte de Taxibus. La STIB dispose actuellement de 12 minibus, dont deux sont hors service. Selon la ministre Elke Van den Brandt, le renouvellement de cette flotte coûterait 4,5 millions d’euros.

Pourtant, le prix d’achat d’un minibus neuf avoisine les 150 000 euros. L’acquisition de douze véhicules représenterait donc un investissement total d’environ 1,8 million d’euros. Un écart considérable qui, selon Gilles Verstraeten, mérite des explications.

« Comment la ministre arrive-t-elle à un montant de 4,5 millions d’euros ? Quels coûts prend-elle exactement en compte ? Et pourquoi ne serait-il pas possible d’étaler le renouvellement de la flotte sur plusieurs années ? »

Les frais d’entretien méritent également une attention particulière. Au cours des cinq dernières années, ils se sont élevés en moyenne à 118 387 euros par an. Pour Gilles Verstraeten, il convient d’examiner si l’investissement dans de nouveaux véhicules ne serait pas, à terme, plus judicieux que de continuer à réparer sans cesse la flotte existante.

« Ce gouvernement débloque 230 millions d’euros pour Kanal, mais serait incapable de trouver 1,8 million d’euros pour de nouveaux minibus ? C’est bien la preuve que ses priorités ne sont pas les bonnes », conclut Gilles Verstraeten.

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