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Frieda Gijbels après les auditions sur les mutualités : « Le système protège davantage les mutualités que les patients »
Selon la députée Frieda Gijbels, les auditions organisées en commission des Affaires sociales sur les malades de longue durée ont mis une chose en lumière de manière flagrante : le système actuel est malade.
« Rapport après rapport, contrôle après contrôle, le constat est toujours le même : le suivi des personnes en incapacité de longue durée présente de graves lacunes. C’est une gifle pour les personnes qui ont encore un potentiel de travail. Une gifle pour celles qui sont réellement incapables de travailler. Et une gifle pour l’ensemble de notre société, qui perd confiance dans l’équité et la justice de notre Sécurité sociale En Belgique, la sécurité sociale relève jusqu’à aujourd’hui du fédéral. Les principaux piliers de la sécurité sociale belge sont l’assurance maladie-invalidité (INAMI), les pensions, l’assurance-chômage et les allocations familiales, sans oublier les maladies professionnelles, les accidents du travail et les vacances annuelles. Certains partis flamands prônent depuis longtemps le transfert de (grands pans de) la sécurité sociale aux régions et communautés. sécurité sociale », déclare Frieda Gijbels.
Un système malade
La Belgique compte aujourd’hui près de 600.000 malades de longue durée. Pour la N-VA, le problème ne réside pas uniquement dans l’ampleur du phénomène, mais aussi dans l’organisation même du système : « Les mutualités jouent aujourd’hui à la fois le rôle de défenseur des patients, d’organisme payeur et d’instance de contrôle. C’est incompatible. Une mutualité peut défendre les intérêts des patients, mais elle ne peut pas être à la fois juge et partie. »
Selon Frieda Gijbels, les auditions ont montré que le suivi des dossiers est souvent insuffisamment approfondi et que les capacités sont sous forte pression, alors même que l’incapacité de travail de longue durée coûte aujourd’hui plus de 11 milliards d’euros par an à la sécurité sociale.
« Notre sécurité sociale est-elle encore suffisamment transparente, équitable et juste ? Voilà la question fondamentale. Et force est de constater qu’à l’heure actuelle, le système échoue sur des points essentiels. Nous ne pouvons pas l’accepter. Certainement pas à une époque où des efforts considérables sont demandés à la population active et à tous ceux qui financent notre modèle social », souligne la députée.
Le contrôle médical doit être indépendant
Pour Frieda Gijbels, la conclusion est claire : le contrôle médical doit être organisé de manière indépendante. « Les personnes réellement malades doivent bénéficier d’une protection maximale. Mais la solidarité ne peut fonctionner que si elle reste crédible. Un système qui laisse des gens sur la touche pendant des années, sans perspective, n’aide personne. La maladie ne doit pas devenir un puit sans fond institutionnalisé plutôt qu’un filet de sécurité. »
Le parti plaide dès lors pour une réforme structurelle prévoyant :
- le transfert du paiement des indemnités des mutualités vers les autorités publiques ;
- le découplage des médecins-conseils des mutualités ;
- un recentrage des mutualités sur l’accompagnement et la défense des intérêts des patients.
La N-VA demande également davantage de transparence sur le fonctionnement et le financement des mutualités. « Pour couronner le tout, les mutualités ont tenté d’étouffer un rapport contenant des conclusions importantes. C’est absolument scandaleux. Après cette journée, une seule conclusion s’impose : aujourd’hui, le système protège mieux les mutualités que les patients », conclut Frieda Gijbels.