Faire de l’aéroport de Zaventem un aéroport flamand

16 juin 2022

Les députés fédéraux N-VA Theo Francken, Sander Loones et Bert Wollants ont introduit une proposition de loi visant à régionaliser entièrement l’aéroport de Zaventem. « Contrairement aux autres aéroports situés en territoire flamand, l’aéroport national de Zaventem relève toujours des autorités fédérales. C’est absurde », estiment-ils. « Notre aéroport a besoin d’une politique dynamique, mais nos autorités fédérales ne peuvent la lui offrir. »

L’aéroport de Zaventem joue un rôle essentiel pour l’économie flamande et l’emploi. Mais depuis la régionalisation de l’ensemble des autres aéroports situés en territoires flamand et wallon, comme Anvers, Ostende et Charleroi, il est surtout confronté à un désavantage concurrentiel.

Aucune ambition

Le gouvernement De Croo ne semble pourtant nullement chercher à renforcer la position de l’aéroport. L’accord de gouvernement ne l’évoque que dans un seul petit paragraphe consacré plus spécifiquement aux nuisances sonores. Or, Zaventem représente la majeure partie des six milliards d’euros et des 60 000 collaborateurs à temps plein que génèrent le secteur aérien« Le gouvernement fédéral considère Bruxelles-National comme un aéroport de seconde zone. Le système d’entrée/de sortie et ses appels d’offres tardifs, la mauvaise interconnectivité ferroviaire et la pénurie de personnel au sein de la police aéronautique l’illustrent parfaitement. Cerise sur le gâteau : la présidence du conseil d’administration de Brussels Airport fait l’objet de petits jeux politiques. Autant de manœuvres de la part d’un gouvernement qui ne cesse pourtant de parler de « nouvelle culture politique », déplore Theo Francken.

Résoudre la pénurie de main d’œuvre et améliorer la mobilité

Une régionalisation serait non seulement bénéfique pour l’avenir économique de l’aéroport, mais elle permettrait également de mener une politique plus efficace. Car si la Région flamande n’est pas compétente pour la politique de l’aéroport, elle l’est bel et bien pour les défis qu’implique sa présence, comme les problèmes d’aménagement du territoire, les nuisances sonores et l’impact sur le trafic.  -

« Avec la régionalisation, nous pourrions directement mesurer chaque décision relative à l’aéroport à l’aune des besoins et préoccupations des environs », explique Sander Loones. « Nous ne pouvons plus accepter que le fédéral décide et que la Flandre paie. »

« L’aéroport est par ailleurs confronté à deux défis de taille depuis plusieurs années : la mobilité et la recherche de main d’œuvre. En rendant l’aéroport flamand, il serait possible de travailler plus efficacement sur l’activation, le pourvoi des postes vacants et les travaux publics, qui sont déjà des compétences flamandes », poursuit Sander Loones.

Un meilleur équilibre

Les grèves, la surcharge de travail du personnel au sol et les nombreuses annulations de vol qui en découlent pour les voyageurs ont été très souvent évoqués ces derniers temps. La N-VA estime qu’une régionalisation permettrait de lutter contre ces problèmes.

« Si Zaventem devenait un aéroport régional, nous disposerions des instruments nécessaires pour mener une politique plus efficace. Nous pourrions exploiter la capacité des différents aéroports de manière optimale et mieux tenir compte du personnel au sol, qui se trouve parfois sous forte pression lors des pics. Nous pourrions miser sur les atouts de chaque aéroport, dans l’intérêt de tous. Une régionalisation serait donc également synonyme de politique plus flexible et plus efficace, dans l’intérêt du personnel et des voyageurs », ajoute le député fédéral Bert Wollants.

Qu’attendons-nous ?

Une régionalisation ne nécessiterait pour finir aucune modification de la Constitution. « Nous pourrions transférer cette compétence via une loi spéciale. La réforme pourrait donc se faire sans la moindre modification de la Constitution. Qu’attendons-nous ? », conclut Sander Loones.

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