Eva Demesmaeker veut supprimer le bonus Vivaldi accordé aux syndicats : « Une économie de 20 millions d’euros par an »

21 avril 2026
Eva Demesmaeker

Le bonus Vivaldi annuel versé aux syndicats et aux autres organismes chargés du paiement des allocations de chômage atteindra près de 80 millions d’euros sur l’ensemble de la législature. C’est ce qui ressort de nouvelles estimations demandées par la députée Eva Demesmaeker au ministre de l’Emploi, David Clarinval (MR).

Introduit en 2022 par l’ancien ministre Pierre-Yves Dermagne (PS), ce bonus garantit aux syndicats une protection financière, même lorsque le nombre de chômeurs diminue. Concrètement, il s’agit d’environ 20 millions d’euros par an qui s’ajoutent au financement existant. Eva Demesmaeker propose de réaffecter ces moyens au budget fédéral. « C’est un “win for life” pour les syndicats, financé par le contribuable. En période de contraintes budgétaires, ce type de cadeau n’est plus tenable », affirme la députée.

Une baisse du nombre de chômeurs n’entraîne quasiment pas de perte de revenus pour les syndicats

Le bonus atténue fortement la diminution du financement des organismes de paiement lorsque le nombre de chômeurs recule. Même si ce nombre est réduit de moitié, les syndicats ne perdent que 16 % de leur rémunération. « C’est un mécanisme pervers, indéfendable », poursuit Eva Demesmaeker. « Les CPAS reçoivent à juste titre des moyens supplémentaires pour faire face à l’afflux de chômeurs de longue durée qui perdent leurs allocations, mais il serait logique que des économies substantielles soient également réalisées du côté des syndicats, dont la charge de travail diminue fortement. »

Eva Demesmaeker plaide, à terme, pour une réforme en profondeur du mode de financement des organismes de paiement des allocations de chômage. Mais à court terme, la suppression du bonus constitue déjà une première étape. Elle permettrait d’économiser plus de 20 millions d’euros par an. La députée tend la main à ses partenaires de coalition : « C’est une mesure simple et équitable, qui produira immédiatement des effets pour un budget fédéral en grande difficulté. »

Précision importante : les moyens de fonctionnement habituels des organisations concernées ne seraient pas affectés. Le mécanisme de financement initial tenait déjà compte des coûts fixes et des fluctuations. « Il s’agit uniquement de frais administratifs : aucun chômeur ne perdra un seul euro. Nous demandons simplement que les institutions prennent aussi leur juste part dans l’effort budgétaire. Nous faisons des économies sur les structures, pas sur les personnes. »

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