Débat entre Bart De Wever et Ecolo : « Vers le confédéralisme en cas de front populaire francophone rouge »

3 avril 2019
Bart De Wever & Jean-Marc Nollet

« Si l’on ne trouve pas de partenaires en Belgique francophone pour une politique de centre droit en raison de la formation d’un front populaire de véritables communistes, de communistes verts et de communistes rouge clair, nous proposerons le Confédéralisme Si nous voulons changer quelque chose structurellement, nous devons changer les structures. Le confédéralisme est le changement structurel qui devrait être opéré en Belgique. Dans une confédération, la Flandre et la Wallonie auraient toutes les compétences. Elles les exercent elles-mêmes, mais peuvent également décider de gérer conjointement certaines compétences au niveau confédéral, dans leur intérêt respectif. La logique est complètement inversée : au lieu de transférer certaines compétences du niveau fédéral à la Flandre et à la Wallonie, les compétences peuvent être cédées au niveau confédéral. La collaboration forcée est remplacée par une collaboration volontaire. Devoir devient vouloir. On structure à partir du bas au lieu de scinder à partir du haut. Le confédéralisme équivaut dès lors à décider ensemble ce que nous souhaitons faire conjointement. confédéralisme . Ils pourront alors appliquer leurs propres recettes de leur côté. » Lors d’un débat l’opposant au président d’Ecolo Jean-Marc Nollet, le président de la N-VA s’est montré peu enthousiaste à l’idée de former un gouvernement avec Ecolo à l’issue des élections. Les deux présidents ont croisé le fer sur la question énergétique, la migration, Bruxelles et les défis socio-économiques notamment.

C’est le Flamand qui paie

Pour Bart De Wever, Ecolo est synonyme de tsunami de taxes. « J’en ai compté cinquante. Nous ne l’accepterons jamais. C’est encore pire que le PS. Médecin gratuit, salaire minimum plus élevé, allons-y ! Mais qui va payer ? Un mystérieux groupe de riches ? La réponse se trouve dans le programme : toute personne ayant une maison, tout couple dont les deux membres travaillent... Bref, les Flamands. La redistribution est une bonne chose, à condition d’en être le bénéficiaire. C’est moins amusant pour celui qui travaille pour la permettre », a expliqué Bart De Wever, voyant déjà les choses venir.

Désert économique

Attaqué sur les réformes socio-économiques du gouvernement Michel I, Bart De Wever a renvoyé la balle. « Où est la misère sociale dont parle la gauche ? J’accepte de rendre des comptes sur ce que je gère, faites-le pour Bruxelles. Comparez les résultats. Là où Ecolo est aux manettes, c’est le désert économique : moins d’emplois, plus de pauvreté.

Intérêt général

Sur le thème de la migration, Jean-Marc Nollet a cherché à donner des leçons de morale et a dénoncé la fermeté et le manque de dignité du président de la N-VA. Mais là aussi, Bart De Wever a répondu du tac au tac. « Nous servons l’intérêt général et n’agissons pas sur la base de sentiments, en permettant à tout le monde d’entrer. Personne ne le souhaite et cela signifierait la fin de l’État-nation et de l’État-providence. Nous voulons une politique migratoire régulée avec des conditions claires », a-t-il expliqué.

Deux démocraties

« Ecolo, c’est comme une pastèque : vert à l’extérieur, mais rouge foncé à l’intérieur. » Bart De Wever a annoncé qu’il refuserait d’entrer dans un gouvernement avec Ecolo, Di Rupo ou les communistes wallons du PTB. « Si ces partis décident de former un front, nous devrons faire preuve de sagesse et aller vers le confédéralisme », a expliqué De Wever. « Jean-Marc Nollet doit pouvoir appliquer sa politique, mais je refuse de payer l’addition. La Belgique est la somme de deux démocraties. Ou bien les francophones vont-ils renoncer à la parité et aux doubles majorités ? Vous n’oseriez pas », a lancé Bart De Wever au président d’Ecolo.

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