De 16 à 3 mois : un projet pilote vise à réduire considérablement la durée de la procédure d’asile

12 juin 2026
Anneleen Van Bossuyt

La ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, lance un projet pilote au centre d’accueil Ariane de la Croix-Rouge. Dans un premier temps, le centre accueillera 200 demandeurs d’asile dont les chances d’obtenir une protection internationale sont faibles. L’objectif est d’accélérer le traitement de leur dossier, de raccourcir leur séjour dans le réseau d’accueil et, lorsque cela s’avère nécessaire, de faciliter un retour plus rapide vers leur pays d’origine.

« Les personnes qui ont besoin d’une protection l’obtiendront. Mais celles dont les chances d’obtenir une protection sont limitées ne doivent pas rester des mois dans l’incertitude, ni occuper inutilement une place dans le réseau d’accueil », souligne la ministre Anneleen Van Bossuyt.

Une coopération renforcée entre tous les services concernés

Grâce à ce nouveau projet « fast track », les différents acteurs impliqués travailleront de manière plus étroitement coordonnée. L’Office des étrangers assurera l’enregistrement des demandes, le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides examinera les demandes de protection internationale, tandis que le Conseil du contentieux des étrangers traitera les éventuels recours. Fedasil et l’Office des étrangers accompagneront les personnes concernées dans leurs démarches de retour. La Croix-Rouge de Flandre assurera quant à elle l’accueil au centre Ariane.

« Avec ce projet fast track, nous rapprochons les procédures d’asile, l’accueil et le retour. C’est plus équitable pour les personnes concernées, moins coûteux pour le contribuable, plus efficace pour nos services et indispensable pour réduire la pression sur le réseau d’accueil dans son ensemble », explique Anneleen Van Bossuyt.

Une procédure complète en trois mois

Le projet pilote mise résolument sur un traitement plus rapide et plus efficace des dossiers. Dès le premier jour, les demandeurs bénéficieront également d’un accompagnement intensif en vue d’un éventuel retour rapide. L’ambition est de mener l’ensemble de la procédure d’asile à son terme dans un délai de trois mois.

Il s’agit d’une accélération majeure : aujourd’hui, une procédure d’asile dure en moyenne près de 16,5 mois.

À l’issue de cette première phase de test, qui se déroulera au cours des prochains mois, les autorités évalueront les possibilités d’étendre et de renforcer le dispositif.

En phase avec le Pacte européen sur la migration et l’asile

Le projet s’inscrit également dans la logique du nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile. Celui-ci prévoit lui aussi un traitement accéléré, aux frontières extérieures de l’Union européenne, des demandes introduites par des ressortissants de pays dont le taux de protection est inférieur ou égal à 20 %.

« L’approche mise en œuvre au centre Ariane constitue une étape logique vers une politique d’asile plus efficace et plus rigoureuse. Nous envoyons un signal clair : introduire une demande d’asile en Belgique n’a pas de sens lorsqu’elle repose uniquement, par exemple, sur des motifs économiques », conclut la ministre Anneleen Van Bossuyt.

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