Budget bruxellois : le gouvernement tente de contourner le contrôle parlementaire, la N-VA demande un report

16 mars 2026
Gilles Verstraeten

« Dirk De Smedt (Anders) prend des libertés avec les règles démocratiques : les délais parlementaires ne sont pas respectés et il est impossible, tant pour le Parlement que pour la Cour des comptes, de faire correctement notre travail. » Le chef de groupe bruxellois de la N-VA, Gilles Verstraeten, demande le report de l’examen du budget bruxellois.

Selon Gilles Verstraeten, le budget est précipité à travers le Parlement. Les députés n’ont reçu les documents budgétaires définitifs que le 12 mars, tandis que le rapport de la Cour des comptes n’a été transmis que le 13 mars, après les heures de bureau. Les parlementaires ont donc disposé de seulement quelques jours pour analyser des milliers de pages avant l’examen en commission. « C’est du déjà-vu : le club Vivaldi, avec le ministre du Budget Dirk De Smedt, fait passer tout cela à toute vitesse au Parlement. Le contrôle parlementaire est totalement vidé de sa substance. Nous ne savons même pas ce que nous approuvons, car l’ensemble du budget repose sur une vaste provision. Le gouvernement peut ensuite déplacer les montants à sa guise », déplore Gilles Verstraeten.

“Anders” s’avère pire

La Cour des comptes n’a disposé que de cinq jours ouvrables pour examiner le budget. De plus, les documents budgétaires ont encore été modifiés après leur transmission à la Cour des comptes.
« Les chiffres que la Cour des comptes devait analyser étaient déjà dépassés à cause de nouvelles modifications. C’est inouï et inacceptable. À l’époque du gouvernement Vivaldi, des pratiques similaires avaient conduit à la démission de la secrétaire d’État au Budget Eva De Bleecker. Si Anders devait vraiment être différent, force est surtout de constater que c’est encore pire. Le gouvernement manipule les chiffres pour contourner le contrôle et la transparence. »

Flou, imprécis et modifié à la dernière minute

Selon la Cour des comptes, des explications essentielles font défaut et des incohérences apparaissent entre certains montants mentionnés dans le rapport et les chiffres figurant dans les documents budgétaires.
« Comme l’accord de gouvernement, ce budget est flou, imprécis et bricolé en quelques jours, puis encore modifié à la toute dernière minute. Rien de tout cela n’est sérieux », estime Gilles Verstraeten.

Une dette qui continue de grimper

Le gouvernement tente en outre de maintenir un milliard d’euros de dépenses hors du budget, « des tours de passe-passe pour présenter la situation sous un jour plus favorable qu’elle ne l’est réellement ». Mais selon la Cour des comptes, la dette de la Région continuera d’augmenter pour dépasser 19,1 milliards d’euros en 2029.
« Les dépenses qui n’apparaissent pas dans les tableaux ne disparaissent pas pour autant : au final, ce sont les Bruxellois qui devront payer la dette et les intérêts qui l’accompagnent. »

L’équilibre budgétaire n’est pas une priorité

Pour la N-VA, la probabilité que le budget bruxellois soit à l’équilibre en 2029 est quasiment nulle.
« En 2019, l’ancien ministre du Budget Sven Gatz promettait un budget à l’équilibre pour 2024, mais le déficit a finalement atteint 1,56 milliard d’euros. L’accord de gouvernement et ces tableaux budgétaires ne nous inspirent guère confiance quant à un éventuel changement cette fois-ci. Et celui qui est censé accomplir ce miracle — le ministre du Budget Dirk De Smedt — est lui-même co-architecte des énormes gouffres financiers creusés ces dernières années. De plus, pour les autres partis de la majorité, l’équilibre budgétaire n’est tout simplement pas une priorité. Il ne faut donc rien en attendre », conclut Gilles Verstraeten.

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