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Bert Wollants : « L’objectif n’est pas d’acheter de la ferraille »
Invité de l’émission De Ochtend sur Radio 1, le député et spécialiste de l’énergie Bert Wollants s’est exprimé sur le rachat potentiel et la prolongation de l’exploitation des réacteurs nucléaires belges. Si le gouvernement voit de nombreuses possibilités dans cette reprise, Bert Wollants insiste sur la nécessité de mener d’abord des études approfondies, afin d’éviter que les pouvoirs publics ne fassent une mauvaise affaire.
Préserver des options pour l’avenir
La principale raison qui motive la reprise des sites nucléaires est de préserver des capacités de production et de garder toutes les options ouvertes pour l’avenir.
« L’objectif est en fait de reprendre l’ensemble de ces sites. Les réacteurs dont la durée de vie peut être prolongée pourront alors faire l’objet des travaux nécessaires et continuer à fonctionner », explique Bert Wollants.
« Cette reprise permet en même temps de préserver des terrains sur lesquels de nouveaux réacteurs pourraient éventuellement être construits à l’avenir. » Sur le site de Doel, par exemple, un espace avait autrefois déjà été réservé en vue d’une extension telle que Doel 5.
Selon Bert Wollants, la construction de nouveaux réacteurs nucléaires ou de petits réacteurs modulaires (SMR) ne doit pas être envisagée comme une alternative, mais comme une solution complémentaire. Leur réalisation prendra toutefois du temps. « Avant qu’ils ne produisent leurs premiers kilowattheures, une décennie se sera sans aucun doute écoulée. » La prolongation de réacteurs existants – à l’image de celle déjà engagée pour Doel 4 et Tihange 3 – doit permettre de faire la transition durant cette période.
« Ne pas acheter les yeux fermés »
Des études externes approfondies sont actuellement en cours afin de déterminer quels réacteurs pourraient rester en activité plus longtemps dans des conditions économiquement et techniquement viables. Elles doivent déboucher d’ici octobre sur une sorte de rapport d’évaluation. « Nous devons savoir exactement ce que nous avons entre les mains avant de décider si nous reprenons ou non ces sites », souligne Bert Wollants.
Ce n’est qu’une fois les résultats de ces études disponibles que les véritables négociations avec l’exploitant ENGIE pourront commencer. Bert Wollants pose également une condition claire concernant le fonds constitué par ENGIE pour financer le démantèlement : « Il est tout à fait logique que cette cagnotte soit transférée avec les sites. »
Le député insiste sur la prudence nécessaire dans ce dossier : « L’objectif n’est pas d’acheter de la ferraille pour devoir ensuite dire aux citoyens et aux entreprises : “Finalement, cela ne nous a servi à rien.” »
Difficultés et héritage du passé
Il était clair dès le départ qu’il ne serait pas possible de redémarrer simplement les sept réacteurs. La décision prise par le précédent gouvernement De Croo de fermer toutes les centrales au plus vite et d’entamer leur démantèlement complique aujourd’hui le dossier.
Des réacteurs comme Doel 3 et Tihange 2 présentent en outre des difficultés techniques spécifiques, notamment la présence d’inclusions d’hydrogène. « Il s’agit de flocons d’hydrogène qui étaient déjà présents dès le départ. Ce ne sont pas des fissures apparues par la suite », précise Bert Wollants. Une nouvelle étude de sûreté devra déterminer si ces réacteurs pourraient éventuellement être exploités au-delà de 40 ans, et à quel coût.
Enfin, Bert Wollants relativise l’ampleur des investissements nécessaires en rappelant le coût des autres solutions : « Nos éoliennes en mer coûtent elles aussi de l’argent. Les subventions accordées aux centrales au gaz ont également un coût. Si nous disposons de centrales nucléaires dont nous pouvons prolonger l’exploitation de 20 ou 30 ans, cela peut également justifier un investissement conséquent », conclut-il.