Bart De Wever : « Les tensions intra-belges ne sont plus tenables »

4 mai 2017
Bart De Wever : « Les tension intra-belges ne sont plus tenables »

Pour le président de la N-VA Bart De Wever, les tensions qui règnent actuellement entre le Nord et le Sud du pays ne sont plus tenables. Alors que les communistes du PVDA/PTB représentent près de 20 % en Wallonie, tout comme les socialistes, ils atteignent à peine le seuil électoral en Flandre. Une réforme de l’État « classique » ne résoudrait rien. « Un changement de paradigme s'impose : le confédéralisme », a expliqué Bart De Wever lors de la présentation officielle de ‘Onvoltooid Vlaanderen, een geschiedenis van de Vlaamse natievorming’ (‘La Flandre inachevée, l’histoire de la construction de la nation flamande’), dont il a écrit une partie.

Le livre, sous-titré ‘Van taalstrijd tot natievorming’ (‘Du combat linguistique à la nation’), décrit l’histoire douloureuse mais couronnée de succès du mouvement flamand visant à accorder aux Flamands la place qu'ils méritent en Belgique : d’abord en tant que groupe linguistique, puis en tant que peuple avec son propre État fédéré.

La Flandre en tant que mission

La construction de la nation est une mission importante pour la N-VA, souligne De Wever : « La Flandre est une mission. Il est de notre devoir de montrer aux Flamands que la Flandre est leur syndicat dans le monde. » De Wever fait ainsi référence à la conscience de soi des Basques et des Écossais, qui manque encore aux Flamands. « Nos jeunes sont élevés et vivent dans un contexte flamand. Leur cadre de référence est entièrement flamand. Mais se considérer comme appartenant à un groupe n’est pas simple », reconnaît De Wever. C'est pourquoi il souhaite mettre en lumière les aspects positifs de l’identité flamande à travers des actions simples, comme la distribution de casquettes flamandes lors du Tour des Flandres. « Les Flamands voient trop souvent cette identité comme faisant partie du débat politique ou bien l’associent à une politique de parti voire à l’extrémisme. Nous devons lutter contre ce phénomène. »

Blocage politico-économique

Dans son essai, De Wever indique que le nationalisme flamand ne repose plus sur une rancœur historique, mais sur la volonté d’une communauté qui se considère comme une entité politique. Elle se retrouve toutefois bloquée dans un enchevêtrement politique. Et comme si cela ne suffisait pas, elle est confrontée à toutes sortes de verrous et de mécanismes créés pour protéger les communautés de ce pays, mais qui constituent aujourd’hui une entrave aux droits démocratiques les plus élémentaires. « Nous ne sommes peut-être plus bloqués dans notre avancée sociale et culturelle, mais nous le sommes d’autant plus dans nos droits démocratiques et notre développement économique. Lors des réformes de l’État successives, les leviers socio-économiques sont toujours restés entre les mains du fédéral », regrette De Wever.

Stratégie à long terme

« L’ancien État unitaire belge est devenu l’addition de deux démocraties. Et la sixième réforme de l’État n’a fait qu’aggraver les problèmes », constate De Wever. Pour lui, une nouvelle réforme n’aurait aucun intérêt. « Nous devons faire en sorte que les francophones soient eux-mêmes favorables à un changement de paradigme pour aller ensemble vers un État confédéral. Pour ce faire, nous devons mettre en œuvre une politique de relance socio-économique et recourir au pouvoir du fédéral. Car quel que soit l’angle sous lequel on observe les choses, nous aurons besoin d’une majorité des deux tiers, avec une majorité au sein de chaque groupe linguistique », conclut De Wever.

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