Axel Ronse : « Instaurer un frein à l’endettement pour éviter l’emballement des intérêts »

16 octobre 2026
Axel Ronse

Le Premier ministre Bart De Wever a proposé à ses vice-Premiers ministres de mettre en place un « frein à l’endettement », un mécanisme d’urgence qui pourrait être activé immédiatement si la pression des marchés financiers sur la Belgique devenait trop forte.

En parallèle, les négociations battent toujours leur plein pour élaborer un budget pluriannuel ambitieux, avec à la clé 10 milliards d’euros d’économies d’ici 2029. Invité de l’émission Villa Politica, le chef de groupe N-VA à la Chambre, Axel Ronse, apporte des précisions sur cette proposition et insiste sur un point : le gouvernement n’a rien perdu de son ambition de redresser les finances publiques.

« Réaliser 10 milliards d’euros d’économies reste notre objectif absolu »

Alors que des rumeurs circulent dans les médias selon lesquelles le gouvernement serait prêt à revoir ses objectifs budgétaires à la baisse, Axel Ronse dément catégoriquement.

« On entend toutes sortes d’histoires selon lesquelles nous aurions renoncé à nos ambitions. C’est tout simplement faux », affirme Axel Ronse. « La N-VA et le Premier ministre Bart De Wever restent pleinement déterminés à réaliser 10 milliards d’euros d’économies d’ici 2029, et même bien davantage si possible. »

Le Premier ministre Bart De Wever a sondé ses vice-Premiers ministres sur les moyens de se donner davantage de temps pour élaborer un vaste plan d’assainissement budgétaire, sans pour autant inquiéter les marchés financiers.

« Bart De Wever travaille depuis des semaines sur une longue liste de mesures », explique Axel Ronse. « Comme il faudra encore du temps pour parvenir à un accord sur l’ensemble du paquet, il a proposé de préparer en parallèle un mécanisme d’urgence. » Le gouvernement pourrait ainsi intervenir à tout moment si la pression des marchés financiers l’exigeait.

Se protéger contre un tsunami d’intérêts

La nécessité d’instaurer un frein à l’endettement s’explique par le poids colossal de la dette publique belge, qui atteint 570 milliards d’euros, et par la menace d’une hausse des taux d’intérêt. Selon Axel Ronse, les marchés financiers font confiance à la politique menée par le Premier ministre Bart De Wever, mais suivent les négociations de très près.

« Avec une dette de 570 milliards d’euros et des taux d’intérêt qui risquent de grimper jusqu’à 5 %, nous sommes face à une véritable boule de neige des charges d’intérêts », avertit Axel Ronse. « Si les marchés constatent qu’aucune solution ne se dessine, les taux vont s’envoler. Et si nous devons expliquer aux citoyens que leurs impôts ne servent plus qu’à payer les intérêts de nos emprunts, ce serait de la pure folie. »

Ce mécanisme d’urgence doit donc servir de rempart. « C’est une idée particulièrement judicieuse de disposer d’un bouton d’urgence que nous pourrions actionner pour protéger la société contre un tsunami d’intérêts », estime Axel Ronse.

« Toutes les options restent sur la table »

Axel Ronse rejette catégoriquement les critiques selon lesquelles l’instauration d’un frein à l’endettement signifierait l’abandon de certaines réformes, notamment les ajustements envisagés en matière de TVA.

« C’est une présentation totalement erronée de la situation », précise le chef de groupe N-VA à la Chambre. « Toutes les mesures qui étaient sur la table y restent et continuent d’être examinées en parallèle. Pour nous, l’adoption de l’ensemble du plan à l’horizon 2029 reste une condition sine qua non. »

Selon Axel Ronse, les partis de la majorité n’ont d’autre choix que de réussir. « L’équation est extrêmement complexe, mais je constate chez tous les partenaires de la coalition le courage et la volonté de trouver des solutions », souligne-t-il. « Bart De Wever est l’homme de la situation pour mener ces négociations à bien. »

« Si nous échouons, la seule alternative sera de retourner aux urnes. Et c’est le pire scénario imaginable », conclut Axel Ronse. « Cela coûterait énormément d’argent à la société, car les marchés financiers perdraient confiance. Nous n’avons donc absolument pas d’autre choix que de réussir. »

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