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Axel Ronse : « Il faut avant tout s’attaquer aux dépenses publiques »
Le budget fédéral est dans le rouge vif et les intérêts sur la dette publique s’envolent. Le chef de groupe Axel Ronse espère que le gouvernement réorientera rapidement ses priorités vers une réduction drastique des dépenses publiques. « Notre accord de gouvernement prévoit une diminution du poids de l’État. Aujourd’hui, nous avons un État extrêmement vorace. Il est temps d’examiner comment freiner ces dépenses », a déclaré Axel Ronse dans l’émission Villa Politica. « Car actuellement, nous empruntons sans cesse… pour rembourser des intérêts. »
Pas d’aide avec de l’argent qui n’existe pas
S’il comprend largement la demande de soutien en pleine crise énergétique, Axel Ronse émet toutefois des réserves quant au récent accord sur l’énergie. La N-VA n’est pas opposée à aider les personnes en difficulté — en particulier celles qui travaillent — mais critique la manière dont cela se fait. « Ce à quoi nous nous opposons fermement, c’est de le faire avec de l’argent qui n’existe pas. Et plus encore avec de l’argent qui coûte très cher. Car les taux d’intérêt augmentent, et cette dette finira par coûter bien davantage aux citoyens », souligne-t-il.
Les saboteurs de notre système social
Selon Axel Ronse, un élément clé de l’assainissement budgétaire réside dans le contrôle des malades de longue durée. Un récent rapport d’audit a révélé qu’une part significative des indemnités de maladie pourrait être indûment versée. Axel Ronse ne vise pas les patients, mais bien les structures intermédiaires.
« Ces personnes ne sont pas des profiteurs. En revanche, ceux qui sont chargés du contrôle — les mutualités — le sont, et ils sabotent notre système social », affirme Axel Ronse. « Il ne s’agit pas de réduire les aides », précise-t-il. « Mais d’assurer un contrôle plus efficace, car aujourd’hui il est totalement défaillant. »
Il plaide dès lors pour la création d’un organe de contrôle totalement indépendant : « Les gens sont clients d’une mutualité, y souscrivent des assurances, participent à des activités comme des vacances de jeunesse… et en même temps, cette même mutualité est censée les contrôler. C’est un conflit d’intérêts flagrant. » En s’attaquant à ces « gardiens du système », des milliards pourraient être économisés et redirigés vers ceux qui en ont réellement besoin.
La Belgique au bord de la faillite
Axel Ronse estime que des efforts d’économies encore plus ambitieux seront nécessaires, d’autant que les réformes déjà mises en place rapporteront moins que prévu : « La réforme des pensions devait initialement rapporter 1,6 % du PIB Le produit intérieur brut (PIB) correspond à la production totale de biens et de services au sein d’un pays, tant d’entreprises que des administrations. Il est généralement utilisé comme critère d’évaluation de la prospérité d’un pays. C'est la raison pour laquelle la N-VA surveille de près l’évolution du PIB belge. PIB , mais en raison de certains ajustements tout à fait justifiés, comme l’assimilation des jours de maladie, les recettes seront finalement plus faibles. »
Il appelle donc à une collaboration constructive avec les partenaires de la coalition afin de remettre les finances en ordre. « La Belgique, c’est une entreprise au bord de la faillite, dont les actionnaires ne se sont même pas choisis », illustre Axel Ronse.
Enfin, il invite les partenaires de coalition à suivre l’exemple des Pays-Bas en constituant des réserves pour les périodes de crise, plutôt que de chercher des « solutions miracles » comme les taxes sur les surprofits. « Cela nous détourne de l’essentiel. La réalité, c’est qu’il n’y a pas d’argent. Il faut assainir les finances. Nous devons avant tout balayer devant notre porte », conclut Axel Ronse.