Vous êtes ici
Anneleen Van Bossuyt sur l’interdiction d’entrée à vie : « La porte est définitivement fermée »
Le projet de loi instaurant une interdiction d’entrée à vie pour les terroristes et les personnes radicalisées a été adopté à la Chambre. Par cette loi, la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, entend ancrer dans la loi sur les étrangers un instrument de sécurité fort : « Ceux qui se radicalisent ou soutiennent le terrorisme n’ont pas leur place dans notre société. Avec ce projet, la porte leur est définitivement fermée. »
Jusqu’à présent, une interdiction d’entrée ne pouvait être prononcée que pour une durée limitée. La nouvelle législation permettra, dans les dossiers les plus graves, d’imposer une interdiction à vie aux terroristes condamnés, aux prédicateurs de haine et aux extrémistes potentiellement violents en séjour illégal sur le territoire belge ou dans l’espace Schengen.
Chaque décision est systématiquement précédée d’une analyse approfondie de l’OCAD, l’organe chargé de l’évaluation de la menace dans notre pays. Cela garantit une appréciation objective et étayée du risque sécuritaire. Les personnes frappées d’une interdiction d’entrée sont signalées dans le Système d’information Schengen ainsi que dans les bases de données nationales de la police, et se voient interdire l’accès à la Belgique et à l’espace Schengen. Toute demande de visa ou de séjour introduite par ces personnes est refusée par l’Office des étrangers.
Premières interdictions d’entrée de plus de 20 ans
La nouvelle loi s’inscrit dans la continuité d’un changement de cap déjà amorcé par ce gouvernement. Alors qu’auparavant les interdictions d’entrée étaient limitées à vingt ans, l’Office des étrangers a été chargé d’imposer systématiquement des durées plus longues en cas de menaces graves pour l’ordre public ou la sécurité nationale.
Cette orientation se traduit par des résultats concrets : en 2025, 42 interdictions d’entrée de 20 ans ou plus ont été prononcées, soit plus du double par rapport à 2023 (15) et en hausse par rapport à 2024 (33). Ces dernières années, il s’agissait encore d’interdictions d’une durée maximale de 20 ans. En 2025, une interdiction de 30 ans a été imposée pour la première fois. Au total, 5.998 interdictions d’entrée de différentes durées ont été prononcées en 2025, en augmentation par rapport à l’année précédente.
« Nous protégeons notre société en étant clairs : toute personne qui représente une menace pour la sécurité de nos citoyens n’a pas droit à une seconde chance de revenir en Belgique », souligne la ministre Anneleen Van Bossuyt.
Ce projet de loi s’inscrit dans un ensemble plus large de mesures visant à renforcer les retours et la sécurité. La ministre prévoit notamment d’augmenter la capacité des centres fermés, de recruter du personnel supplémentaire ainsi que des escortes pour les retours, et de conclure davantage d’accords de réadmission avec les pays d’origine.