18 443 Belges déclarés inaptes au travail jusqu’à la retraite, sans réévaluation : « Choquant »

17 juillet 2026

Près de six ans après la crise du coronavirus, 18 443 personnes en incapacité de travail de longue durée bénéficient toujours d’un régime d’exception dans lequel leur incapacité a été automatiquement prolongée jusqu’à l’âge de la retraite, sans réévaluation médicale individuelle. C’est ce qui ressort de la réponse du ministre Frank Vandenbroucke (Vooruit) à une question écrite du député et président de groupe Axel Ronse. « Les mesures d’exception mises en place pendant la période du coronavirus ne peuvent pas devenir une politique permanente », déclare Axel Ronse. « Les citoyens sont en droit d’attendre que toute personne bénéficiant d’une indemnité de maladie soit effectivement examinée par un médecin-conseil. »

Près de 30 000 dossiers prolongés automatiquement

Pendant la pandémie de coronavirus, les médecins-conseils ont été submergés par les dossiers. Fin 2020, le gouvernement Vivaldi a donc décidé de déclarer automatiquement près de 30 000 personnes en incapacité de travail de longue durée inaptes jusqu’à l’âge de la retraite, sans aucune évaluation médicale individuelle.

Cette mesure exceptionnelle devait être temporaire. Pourtant, il apparaît aujourd’hui que 18 443 personnes relèvent toujours de ce régime. Pour Axel Ronse, cette situation est difficilement justifiable.

« C’est choquant. Pendant la crise du coronavirus, le gouvernement Vivaldi a déclaré près de 30 000 personnes inaptes au travail jusqu’à leur retraite, sans évaluation individuelle. Aujourd’hui encore, 18 443 d’entre elles perçoivent une indemnité de maladie. Il est évident qu’un grand nombre d’entre elles y ont légitimement droit. Mais les citoyens sont en droit d’attendre, au minimum, que toute personne bénéficiant d’une indemnité de maladie fasse l’objet d’un examen médical individuel. »

La N-VA demande une réévaluation individuelle rapide

La N-VA demande à l’INAMI de faire examiner en priorité, dans les plus brefs délais, ces dossiers individuellement par l’inspection médicale ou par les médecins-conseils. « Les personnes durablement malades doivent pouvoir compter sur une protection maximale. Mais une mesure exceptionnelle ne peut jamais se transformer, pendant des années, en système permanent. C’est pourquoi une réévaluation approfondie et rapide de ces dossiers est indispensable. »

Pour Axel Ronse, la réponse du ministre confirme une nouvelle fois la nécessité d’une réforme structurelle de l’incapacité de travail de longue durée. « Protéger lorsque c’est nécessaire, activer lorsque c’est possible. Voilà le cœur d’une Sécurité sociale En Belgique, la sécurité sociale relève jusqu’à aujourd’hui du fédéral. Les principaux piliers de la sécurité sociale belge sont l’assurance maladie-invalidité (INAMI), les pensions, l’assurance-chômage et les allocations familiales, sans oublier les maladies professionnelles, les accidents du travail et les vacances annuelles. Certains partis flamands prônent depuis longtemps le transfert de (grands pans de) la sécurité sociale aux régions et communautés. sécurité sociale moderne. La meilleure sécurité sociale est celle qui offre aux personnes des perspectives de réintégration, plutôt que de les considérer définitivement comme perdues pour le marché du travail. »

Plus de 9 500 personnes ont quitté le régime

La réponse du ministre Vandenbroucke montre que 9 563 personnes ont entre-temps quitté ce régime d’exception, notamment en raison d’un départ à la retraite, d’un décès ou d’une reprise spontanée du travail.

Le ministre confirme en outre que les dossiers restants seront réévalués en priorité. Entre 2026 et 2029, les mutualités convoqueront à nouveau un total de 218 000 personnes en incapacité de travail de longue durée, les personnes reconnues inaptes jusqu’à l’âge de la retraite étant traitées en priorité. L’INAMI renforcera également de manière significative ses contrôles thématiques.

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