Lutte pour une Turquie plus démocratique : les Kurdes témoignent

7 février 2017
Lutte pour une Turquie plus démocratique : les Kurdes témoignent

À l'invitation de la N-VA, une délégation du parti d’opposition pro-kurde HDP est venue s’exprimer devant la Commission Relations extérieures de la Chambre. Les représentants Eyyup Doru et Ertugrul Kurkcu sont venus décrire à leurs homologues les intimidations et poursuites dont ils font quotidiennement l’objet dans le cadre de leur lutte pour une Turquie plus démocratique et multiculturelle. Ils ont avant tout lancé un message d’espoir et croient fermement que le peuple turc ne se laissera pas museler.

La Turquie, candidate à l’adhésion à l’Union européenne, est en train de passer sous la présidence d’Erdogan d’une démocratie naissante à un État autoritaire. La société civile et plusieurs partis s’y opposent. Ils défendent les principes démocratiques et les particularités ethniques et culturelles de l’État turc. À l’approche d’un référendum constitutionnel visant à lui donner davantage de pouvoir, le président Erdogan fait tout pour faire taire tout restant d’opposition. Sa proie de prédilection est le deuxième parti d'opposition du pays, le HDP, et son discours à la fois pro-kurde et pro-parlementaire.

« La lutte pour l’émancipation des Kurdes dure depuis des décennies et coûte chaque année des centaines de vies », explique la Parlementaire An Capoen. « Nous avions espéré que les négociations de paix entre le PKK et les autorités turques permettent de trouver une solution durable. Le rôle d'intermédiaire du HDP était crucial dans ce cadre. Mais le parti paie maintenant pour ses efforts. Actuellement, douze parlementaires HDP, dont le chef du parti Selahattin Demirtaş, se trouvent derrière les barreaux, dans l’attente de leur procès politique. Des centaines d’autres, mandataires ou sympathisants, sont promis au même sort.

Donner une seconde chance au dialogue

Mais ils n’ont pas perdu tout espoir. Selon eux, la Turquie a une longue histoire démocratique et parlementaire. La population turque devrait voir ce référendum comme une dernière chance d’échapper à la répression totale. Si les autorités turques perdent, un retour à la table des négociations en vue d'une solution politique sera envisageable.

Les représentants du HDP appellent nos parlementaires à continuer de faire pression et d’exprimer clairement leur soutien envers les parlementaires emprisonnés. Ils demandent à l’Europe de faire preuve de clarté. Ils sont eux-mêmes favorables à l’adhésion de la Turquie, et ont accueilli favorablement le signal fort envoyé : pour la première fois, l’élite turque a été mise face à ses responsabilités. Ils regrettent toutefois que le Conseil européen et la Commission européenne n’aient pas suivi l’exemple du Parlement et aient privilégié les intérêts économiques sur leurs propres valeurs.

« Nous allons continuer de les soutenir », conclut Peter Luykx. « Dans un courrier signé par toutes les fractions, nous nous adressons à nouveau au gouvernement turc pour demander, d'une part, la libération de nos homologues, et, d’autre part, de donner une seconde chance au dialogue. »

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